En ce moment dans les rues, il y a des feuilles mortes tellement imbibées d’eau de pluie, qu’elles prennent des allures marines : elles me font penser à des algues. Elles deviennent translucides et laissent voir les aspérités du sol qu’elles recouvrent comme une seconde peau.
Cette semaine, l’expression «seconde peau » me saute à la figure dès que mon regard se porte sur une de ces feuilles humides et collantes. Seconde peau, seconde peau, seconde peau : des feuilles-algues sur tous les trottoirs.
Je mâchouille cette expression, dans les rues de la ville, les yeux rivés au sol, en me disant qu’attention, elles sont glissantes ces algues quand même. Qu’une seule suffirait à me faire chuter…
Et puis, la Seconde Peau m’interroge d’un coup. Quand l’expression ainsi hachée a perdu tout son goût. C’est quoi une seconde peau ? Pour elle le mensonge, pour lui, le bonheur, pour un autre la honte. Jusqu’à quand ? Peut-on la balayer d’un coup ? Nos secondes peaux sont-elles si collantes ?
Cette semaine, tout va bien merci, j’ai évité toutes les feuilles glissantes. Et je songe très sérieusement à m’offrir ce petit horizon de poche, « horizon de mer bleue à portée de main à portée d’yeux » pour que la ville prenne des allures marines, différemment.
Si vous aussi, vous voulez de l'oxygène pour les yeux, le site de Stéphanie Radenac, c'est ici !
Qui parle (apparemment rien à voir) de déforestation sauvage en Afrique centrale et de l'assassinat de Patrice Lumumba, ancien premier ministre congolais, en 1961.
La raison de mon blocage sur ce slam africain ?
Certainement le personnage de l’obstinée et lumumbiste Leah.
« Charles Simonds installe dans des anfractuosités de murs des petites constructions éphémères en argile. Traces supposées de civilisations miniatures disparues, elles sont, elles aussi, promises au même sort par les éléments naturels, les passants, le temps. » Source : edufrac
Et nous que construisons-nous, quelles traces laisserons nous ?
Parmi mes mots favoris du moment (tout près de rasséréner, pleutre ou gouleyant), il y a faroter. On dit ça en Afrique. Ça veut dire frimer. On dit par exemple que « les ivoiriens sont de grands faroteurs ».
Promenade à Saint-Flour, Cantal, l’été dernier. Des surprises dans toute la ville. Et aussi… un lit, un vrai, dans la rivière (l’Ander ? ). Juste aperçu de la voiture, pas le temps de s’y attarder.
Je suis ravie de découvrir ici l’installation de Peter Callesen qui me rappelle cette vision furtive.